Indice de qualité de l'air intérieur
Indice de qualité de l'air intérieur

Qualité de l’air intérieur : la diode ou le ppm ?

Avec la poussée de la proptech, nous pourrons entrer dans un bâtiment et mesurer la qualité de l'air intérieur en temps réel à partir de nos téléphones. La demande d'informations sur la qualité de l'air ne cesse de croître, surtout depuis la pandémie de COVID-19 et la prise de conscience qu'une bonne QAI est liée à un moindre risque de transmission. Mais dans l’intervalle, les propriétaires et gestionnaires immobiliers espèrent rassurer les occupants en affichant les résultats de la surveillance continue de la qualité de l'air intérieur de leurs bâtiments sur des tableaux de bord ou des écrans publics. Mais une question demeure : le citoyen lambda sera-t-il capable d'interpréter ces données ?

 

Les capteurs actuels de surveillance de la qualité de l'air fournissent des données brutes sous forme de parties par million (ppm) ou de microgrammes par mètre cube (μg/m3), ce qui est assez incompréhensible pour le commun des mortels. Ou bien, un traitement logiciel émet un jugement de valeur sur la qualité de l'air, en analysant plusieurs données et en affichant finalement une note, une icône colorée ou même un smiley.

Cette dernière solution semble plus utile pour permettre au public d'évaluer rapidement la qualité de l'air. Cependant, il n'existe pas de norme internationale pour une bonne qualité de l'air intérieur, de sorte que les paramètres et la méthodologie pour définir une bonne QAI sont laissés à la discrétion des fournisseurs de solutions de surveillance. Pour ajouter à la confusion, les paramètres permettant de réduire le risque de COVID diffèrent légèrement des paramètres qui pourraient constituer une bonne qualité de l'air en temps normal.

Quels sont les compromis à faire et quel est le moyen le plus simple de communiquer l'état de la qualité de l'air intérieur à l’occupant lambda, à une époque où la réduction de la transmission des infections reste une priorité absolue ?

1ère approche : faire appel à un expert

La plupart des appareils de surveillance de la qualité de l'air de bonne qualité mesurent au moins cinq paramètres pour évaluer la qualité de l'air intérieur. Chacun d'entre eux a une influence directe ou indirecte sur la transmission virale :

  • la température, qui influe sur la durée de survie des particules virales dans l'air et sur les surfaces
  • l'humidité - influe sur la durée de survie des particules virales dans l'air et sur les surfaces ; elle affecte également la réponse immunitaire de l'organisme dans les voies respiratoires
  • dioxyde de carbone (CO2) - indique l'adéquation de la ventilation dans un espace occupé, qui est nécessaire pour diluer les concentrations d'agents pathogènes
  • particules (PM2.5) - indique l'adéquation de la filtration, qui peut capturer des particules virales si des filtres adéquats sont utilisés.
  • les composés organiques volatils totaux (COVT) - les moins directement liés au potentiel de transmission, mais qui peuvent être utiles pour identifier les applications excessives de produits de nettoyage ou une ventilation inadaptée.

 

En examinant ces cinq paramètres, un ingénieur est en mesure de déterminer si la qualité de l'air intérieur est globalement bonne et d'aider à résoudre les problèmes éventuels.

Ainsi, pour les entreprises qui veulent y voir clair dans les données et déterminer les améliorations à apporter, le plus simple est d'examiner toutes les données brutes en interne avec l'aide d'un ingénieur. Ils peuvent ensuite faire savoir à l'extérieur que la qualité de l'air est surveillée et optimisée. Il n'y a pas de tableau de bord, pas de retour d'information en temps réel, mais les données sont analysées par un expert, et les propriétaires de l'immeuble peuvent obtenir des informations plus exploitables. 

 

2ème approche : on se limite au CO2

L'approche diamétralement opposée consiste à donner aux occupants un simple relevé de CO2. Dans l’appel à la clarté pendant la pandémie de COVID, il y avait une tendance à se concentrer sur le CO2 comme mesure principale.

Se concentrer sur le CO2 n’est pas dénué de sens. Lorsque les personnes infectées expirent, elles exhalent à la fois le virus et le CO2. La ventilation avec de l'air extérieur dilue les deux, ce qui réduit à la fois les niveaux de CO2 et la concentration de particules virales. Par conséquent, de bons niveaux de CO2 indiquent que la ventilation fonctionne correctement, ce qui constitue souvent une bonne première étape pour réduire les risques. De faibles niveaux de CO2 sont également un bon indicateur d'une bonne qualité générale de l'air intérieur en termes de santé et de productivité.

Cependant, l'utilisation du CO2 comme mesure de substitution présente des lacunes. D'une part, les niveaux de CO2 peuvent être faibles, mais il peut encore y avoir une concentration risquée de particules virales si plusieurs personnes dans la pièce sont infectées. Du point de vue du CO2, il peut y avoir suffisamment d'air frais pour le nombre d'occupants, mais le nombre de matières présentes dans l'air peut être élevé, surtout s’il y a recyclage de l’air sans système de filtration adéquate. En d’autre termes, la mesure du CO2 est nécessaire mais pas suffisante.

D’autre part, le CO2 n’est pas un indicateur de qualité de l’air, c’est un indicateur de besoin en renouvellement d’air. Il peut y avoir des niveaux corrects de CO2, mais des niveaux de polluants élevés.

 

3ème approche : entre les deux

Reset Index Sample
Exemple de tableau de bord utilisant l'indice viral RESET.

En ce qui concerne la COVID, si l'on veut vraiment communiquer sur le risque de transmission pour les occupants, il est possible de calculer l'interaction en temps réel entre les cinq paramètres de la qualité de l'air intérieur et la traduire ensuite en indice de transmission.

C’est ce que propose l'indice viral du référentiel RESET. RESET a jeté un regard neuf sur la recherche scientifique et a analysé les paramètres de qualité de l'air qui contribuent à la survie virale, à la santé du système immunitaire et au dosage. Leurs conclusions indiquent que les paramètres qui étaient considérés comme optimaux pour la santé humaine avant le COVID ne l'étaient pas nécessairement du point de vue du potentiel d'infection. Selon les estimations de RESET, un bâtiment occupé à 100 %, avec une température de l'air intérieur de 21°C, une humidité de 50 %, 1 000 ppm de CO2 et 5 μg/m3 de PM2.5, aurait une bonne qualité d'air du point de vue de la santé générale et de la productivité, mais un potentiel d'infection de 40 %, selon un récent webinaire. En augmentant la filtration pour que les PM2,5 tombent à 1 μg/m3, le potentiel d'infection est ramené à moins de 1 % - ce qui représente une qualité d'air totalement optimisée pour réduire les taux d'infection. En utilisant cet indice, les exploitants de bâtiments (et potentiellement les occupants) obtiendront une note qui relie directement la qualité de l'air au potentiel d'infection.

 

Choisissez en toute incertitude..

Même si la définition de « bon » est relative, une bonne qualité de l'air présente probablement moins de risques qu'une mauvaise qualité de l'air et il est donc utile de la surveiller. Pour certaines personnes, les indices de risque sont trop compliqués, et voir une lumière verte sur un capteur est suffisant. Pour d'autres, il est crucial de connaître les liens vers la littérature scientifique en particulier sur l'infection virale.

Il est tout aussi important de savoir que toutes les options - qu'il s'agisse d'engager un ingénieur pour traiter les données, d'utiliser les notes par défaut d'un système de surveillance ou d'utiliser un indice de risque viral - reposent toutes sur des hypothèses différentes quant à ce qui constitue une bonne qualité de l'air intérieur et, par extension, un faible risque de transmission. Les notes ne sont donc pas comparables d'un système à l'autre. Jusqu'à ce qu'une norme universelle sur la QAI soit élaborée, nous devrons vivre avec cette confusion potentielle.

Enfin, les choses se compliquent un peu dès lors que l’air extérieur se charge en particules fines et autres polluants, il faut déterminer le mode de fonctionnement le plus intelligent du bâtiment : ventilation en tout air neuf, filtrage de l'air extérieur ou recyclage de l’air intérieur. Mais tous les bâtiments n’ont pas cette possibilité. Le sujet de la qualité de l’air intérieur doit être traité en globalité, avec la qualité de l’air extérieur.

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